vendredi 27 avril 2012

Comment ça se passe?


 Je ne le sais pas trop encore.  Je me fais demander : "Pis, la vie de célibataire une semaine sur deux, comment ça se passe"?  Je ne sais pas trop quoi répondre.  Je ne me sens pas du tout comme une célibataire.  Ça fait plus de 7 années que je suis maman à temps plein, ménagère, cuisinière, épouse, amie, etc.  Ce sont des habits dont il est difficile à se départir, je trouve.  

Pour celui de maman, je sais : je le revêt pour le restant de mes jours, à plus ou moins divers niveaux.  Je ne veux pas m'en départir mais j'aspire à le remettre à neuf pas mal, disons. 

Quant à ceux de ménagère, cuisinière et épouse : ils sont sur la tablette et commencent à s'empoussiérer.  Je ne peux pas dire que ça me fâche et que je m'ennuie de ces habits-là pour le moment.  Je m'étais dit à mon moi-même que, quand je n'aurais pas les enfants, je ferais le "grand ménage" de la maison.  Même pas le goût.  Quand j'arrive le soir, après le travail, c'est un plaisir de prendre une longue douche chaude même s'il est juste 16:45.  Faire le souper?  Pas de stress : quelques légumes, un peu de fromage, un morceau de poulet ou des pâtes; ce n'est pas plus compliqué que ça.  Je n'ai plus le goût de faire des repas équilibrés et surtout, élaborés.  Écoeurantite aigüe de ça.  Pourtant, je pense que je suis quelqu'un qui aime cuisiner.  Ça reviendra peut-être un moment donné.  Me donner à fond en recevant?  Même pas le goût de recevoir alors, on repassera.

L'épouse et l'amie sont sur la tablette également.  Pour l'épouse, on sait comment et pourquoi.  Pour l'amie, parce que j'ai le goût d'être seule, je pense.  Je pourrais aller m'épivarder chez ma marraine, ma cousine, ma mère ou mon père.  Ça ne me tente pas non plus.  J'ai comme un fond de "vieille fille" rancie en moi présentement, je pense.  Je veux être toute seule, lire en pleine nuit si je me réveille avant l'heure, prendre de la bière et/ou une coupe (ou une couple de coupes!) de vin, me coucher frippée à cause de ça pis feeler croche pendant la nuit.  Je n'appelle personne vraiment, outre ma maman de temps en temps.  Je jase via Facebook ou Skype avec ma marraine et ma cousine et ça me convient parfaitement.  Sauvage?  Extrêmement. 

Ça brasse et ça bouge beaucoup au bureau de ce temps-ci (en fait, pas mal tout le temps) et je crois aller chercher le "bruit" dont je pourrais avoir besoin durant ce temps.  Sinon, dès que 16:00 arrive, c'est le calme plat et j'aime ça comme ça.

Aller au cinéma?  Non.  Club vidéo pour être certaine que si je m'endors sur le film, j'ai juste à faire 15-20 pas avant d'être dans mon lit.  Souper au resto avec des potes?  Non plus; trop dispendieux et je trouve le temps long.  Pourtant, mon budget se sent mal : j'ai dépensé (trop, dit Pat) pour moi.  Faut que je remette la somme, que je récupèrerais en vendant des choses de scrapbooking (loisir auquel je ne m'adonne plus - perte de passion, manque de temps).  27 morceaux de vêtements pour 150$ au Village des Valeurs et, oh comble du comble :  des "snicks" Puma à 85$ achetés chez Panda (boutique de chaussures pour enfants) au lieu de 129.99$ chez Sports Experts, dans les pointures pour dames.  Pures folies!?  J'arrête là l'ironie.

Quoi d'autre?  J'irai me faire faire des mèches vraiment blondes la semaine prochaine.  Ça fait des années que je le demande à ma coiffeuse et qu'elle refuse : "Tu vas être obligée de revenir me voir aux 3 mois et tu n'aimeras pas ça", qu'elle me répète depuis belle lurette.  Et bien, dans le cul!  Je me les fait faire pareil!  J'ai rarement fait de folie pour ma propre personne dans les dernières années.  La seule que je me permettait (et qu'il me fallait assumer côté financier), c'est le scrapbooking.  Je me déculpabilisais de dépenser pour ça en me disant qu'il me fallait bien me trouver quelque chose à faire pour me changer les idées de la routine de la maison.  Sinon, il y a eu la confection de gâteaux décorés avec du fondant.  Je n'ai pas eu le temps d'exploiter cet aspect bien longtemps parce que j'ai commencé à travailler en plein essor de ce loisir.  Là encore, il m'a fallu assumer pleinement mon désir de m'occuper les doigts parce que ce n'était pas utile à Pat et encore moins bon à manger : de la cochonnerie trop sucrée qu'il ne fallait pas donner à nos enfants. Il aimait mieux les "vrais" gâteaux.  Et bien, je me suis lancée et j'ai pas pire réussis.  Mais là encore, était-ce pour moi?  Pas vraiment parce que mon désir a bifurqué vers le désir de Pat d'avoir de "bons" gâteaux.  Au diable la déco. et le fafinage...

Une folie potentielle?  Peut-être un tattoo.  Ça fait des années que j'y pense.  J'ai même dessiné mon modèle et je l'ai peaufiné au fil des ans.  L'avis de Pat?  Pas sûre que ça passerait au conseil.  Encore moins au Ministère des Finances.  J'y pense de plus en plus sérieusement et je prends de l'info à grande pelletée.  Rendue là, il ne me reste qu'une marche à franchir...

La semaine seule avec mes enfants n'a pas été "hors de l'ordinaire".  Au départ, je voulais qu'ils récupèrent de leur semaine avec leur papa parce que je les sentais pas mal fatigués et j'ai trouvé qu'ils avaient les traits tirés.  18:30 (comme avant) tous les soirs, ils étaient au lit.  Le souper, les lunchs, les collations, les leçons, la vaisselle et les douches ont pas mal été mon beat de semaine, ce qui ne changea pas de ma routine alors que Pat était à la maison.  Des différences?  Pas vraiment.  J'ai généralement été toute seule, même en couple, à accomplir toutes ces tâches.  Il faut cependant que je mentionne (pour la postérité) qu'après avoir annoncé à Pat que je voulais qu'on se sépare, il a pris le taureau par les cornes et s'est forcé pour m'aider au quotidien.  L'effet que ça m'a fait?  Trop peu, trop tard, malheureusement. Oui, j'avais de l'aide, mais pas pour la bonne raison, selon moi.

Qu'est-ce que ma vie de célibataire m'apporte de plus que ma vie de couple/famille?  D'abord et avant tout, du temps.  C'est fou ce que ça me fait du bien de me regarder le nombril.  Maintenant, je peux aller à un 5 à 7 (même si je n'y vais pas, ça me fait du bien de pouvoir dire que je peux y aller - esprit de contradiction très présent, ici!?) sans avoir à préparer le souper pour la maisonnée avant d'y aller.  Je peux aussi me coucher tard (même si je ne le fais pas parce que je suis souvent fatiguée - esprit de contradiction encore ici) parce que je peux rester couchée le lendemain (particulièrement les fins de semaine).  Je peux aussi faire un ti-dodo le samedi et/ou le dimanche, en plein après-midi ou retourner me coucher après le petit déj. (ce que je me suis fait un plaisir de faire les deux fois où j'en avais la chance).  Me coucher pour un petit roupillon directement en arrivant de travailler, j'ai aussi fait ça!!  Partir pour le bureau à 6:30 le matin (oui, oui : c'est vraiment un "nananne" pour moi parce que j'aime commencer tôt), prendre mon café tranquille et prendre mon temps... Prendre mon temps...  Arrêter de courir pour tout, pour tout le monde chez nous.  Arrêter de penser à tout et tirer la plogue.  C'est ça que ça a de différent, ma vie de "célibataire".

Non mais, est-ce que tu penses à ce que tu vas faire de ton couple?  Tu peux pas rester "de même" indéfiniment!  Je le sais.  Je ne peux pas rester "de même", mais crime que ça fait du bien.  Réfléchir...  réfléchir...  Ça fait partie de mes "tâches" de célibataire : j'y pense, j'y repense et si je prenais ma décision demain matin, je ne pense pas avoir trop trop à chercher loin pour savoir.  Mais il ne faut pas que je m'arrête au bout de mon nez; il faut que je vois plus loin.  Je le sais.  Cependant, j'en suis encore incapable.  Je me pose et repose les mêmes questions et les réponses n'ont pas changées encore.  Une seule modification : je suis maintenant partiellement capable de ne plus trop me sentir sur les dents en présence de Pat.  Ça doit être positif, ça.

Parlant de positif, je ne peux passer sous silence le fait que, depuis que je suis retournée travailler, j'ai perdu 20 livres.  Fin novembre 2011, j'étais à exactement 172 lbs et maintenant, je suis à 152 lbs.  Plusieurs raisons expliquent cette perte de poids, la principale étant que j'ai, par la force des choses, arrêter de manger à tout bout de champs.  Mes collègues de travail (qui me voient 5 jours/7) l'ont même remarqué.  Pat?  Pas que je sache.  Je suis plus "petite" que lorsque je me suis retrouvée enceinte de ma fille et je file lentement mais sûrement vers mon objectif de toujours : 145 lbs.  En fin de semaine dernière, lors de mon premier samedi de "célibataire", j'ai repris quantité effarante de vêtements dans le but de les rapetisser et de ne pas avoir à refaire ma garde-robe.  Mon côté économe s'est fait sentir...  Des pantalons, des jupes et des chemises se sont enlignés sous les griffes de ma machine à coudre jusqu'à tard dans la soirée.  Contente?  Oui.  Mais un oui terni un peu : j'aurais aimé ça me faire dire que j'ai maintenant une "shape" pas pire par mon mari.  Un reproche?  Non.  Comment voir quelque chose de beau quand ça fait des années qu'on voit quelque chose de moche?  Ça doit prendre du temps pour finir par vraiment voir, j'imagine.  

Un dernier point de positif à ma vie de "célibataire" : dans ma semaine "sans les enfants", je me suis remise au vélo.  J'ai fait du spinning pendant un an et la seule chose que j'ai détesté, c'est de partir de la maison en début de soirée pour aller pédaler alors que j'aurais préféré enfiler mon pyjama.  J'aurais pu participer aux séances de 17 heures, mais j'avais dont le souper à faire et les bains à donner.  Maintenant, j'arrive du travail, je me "déguise" en cycliste et je pars.  Aucune préoccupation autre que celle de me vider et me défoncer; personne qui "souffre" de mon égoïste besoin d'aller m'évanter les esprits à cette heure-là.

Je terminerai donc ma tirade ici, en mentionnant que je ne sais pas encore quelle couleur aura ma vie la semaine prochaine et encore moins le moins prochain. J'y pense.

samedi 14 avril 2012

L'impression de faire du sur place achève



C'est demain le jour "D" : Pat quitte la maison et il amène les enfants avec lui pour la semaine. Anxieuse? Non. Stressée? Tellement pas. Peinée? J'suis obligée de dire non. Je ne sais pas trop exactement quel qualificatif mettre à ce que je ressens, mais ce qui me vient, vite comme ça, c'est "enfin".

Fini de piaffer sur place, de me débattre avec moi-même pour avancer pareil dans mon quotidien à la maison, de me faire arrêter par le "choker" que j'ai autour du cou... L'étau que je ressens autour de mes poumons tend à se relâcher avec l'arrivée de cette journée. Ce n'est pas drôle de se sentir comme ça avec mes enfants d'abord et mon mari ensuite, je vous le confirme.

Comment en suis-je arrivée-là? Je pense le savoir, mais je n'ai pas le goût de m'étendre sur le sujet pour l'instant. Les réflexions que je fais sur le sujet et les échos que j'en ai de la part de mes proches (et même moins proches) me font dire que j'ai été "cannée" et que je m'y suis laissé engoncer allègrement, de plein gré même si c'est malgré moi (est-ce que ça se peut, ça?).

Maintenant, on est évolué, paraît-il. Nous sommes supposés avoir les outils pour faire sa place dans la vie. Sinon, il y a des psys à la "pocheté", qui ne demandent qu'à ce qu'on aille s'asseoir le derrière sur leurs chaises pour nous dire que nos problèmes remontent à notre enfance et qu'on doit les résoudre pour pouvoir passer à un autre appel. Ça prend toujours un coupable et dans ce cas-ci, ce sont les parents. Ils ont le dos large, eux...

Pas que je veuille laisser porter MA responsabilité à mes parents; je pense qu'ils sont assez peu outillés pour même juste y penser 2 secondes, de toute façon. Non. Ce que je pense, c'est que c'est quand même vrai que mes "bebittes" tirent leurs sources d'eux. Je ne leur en veux pas : ils ont fait ce qu'ils ont pu, avec le peu qu'ils avaient. Comment donner ce qu'on n'a pas reçu? Je pense que ça se peut, mais que c'est sûrement tellement plus difficile.

Sans vraiment en avoir la certitude, je peux affirmer qu'ils ont peu reçu de la part de leurs propres parents. D'un côté, une maman qui a des enfants parce que c'est par-là qu'il faut qu'elle passe nécessairement. Elle en aura 5 par la suite (7 en tout), tous rapprochés, donc rapidement débordée et tellement peu maternelle (opinion purement personnelle, ici). Occupée à voyager, à avoir l'air "glamour", à recevoir (et être reçue) et tellement tout plein d'autres choses que veiller au bien-être de ses enfants. Du même côté, un père absent, qui en a que pour son travail (et ses relations) pour qui les enfants sont tout destinés à être utiles et non juste aimés. Comment voulez-vous qu'un enfant issu de ce milieu-là soit outillé pour s'occuper plus tard de sa progéniture?

De l'autre côté, il y a deux autres parents, davantage préoccupés par leur vie sociale tellement bien remplie, pavée de boisson, de cigarette, de travail et de parties de cartes. C'est difficile de se lever le matin pour faire le p'tit déj. aux enfants et les préparer pour l'école dans ces conditions. Même faire le lavage et les repas n'est pas une priorité pour eux. Les électros sont-là : utilisez-les.

De part et d'autre : une "peine d'enfant"? On ne la voit même pas. Un bobo? Arrange-toi pour ne pas que ça s'infecte. Une chicane? Réglez ça par vous-mêmes. Frigo vide? Fais-toi inviter chez ton ami (e). Bref, débrouillez-vous.

Et bien, c'est mon "passage obligée" dans ma vie parce que mes parents n'ont pas été outillés pour faire autrement. Je ne m'en plaint pas et je ne me roule pas en tite-boule dans un coin; ça n'a pas que du mauvais, cette affaire-là. Très tôt, j'ai appris à faire par moi-même tout ce que je voulais faire; à ne pas attendre personne pour avancer. Autonomie, que ça s'appelle. Par contre, personne non plus pour me dire que, si j'emprunte ce chemin-là, je me pèterai la face. Personne également pour me donner de p'tites tapes dans le dos. C'est triste.

C'est donc plus facile de se laisser mouler que de s'opposer pour tenir sa position. C'est ce que j'ai fait les dernières années. D'autres appelleront ça "faire des concessions". De déterminée, fonceuse et entêtée, je suis devenue "molle", conciliante et plate.

Il y a une chose qui m'énerve dans la vie : quelqu'un qui est toujours accommodant, qui ne dit jamais non et pour qui tout fait toujours. !Décidez, vous! Choisissez, vous! Moi, tout est correct". Mon père est tellement comme ça... Et je suis rendue comme ça aussi. Pas question que ça reste de même! Pas que je n'accepte pas ce que mon père est. Je n'accepte juste pas d'hériter de ce trait de caractère de lui et de le garder.

Un autre trait que j'ai délaissé (de ma mère, celui-là) : garder tout en-dedans et péter un moment donné, quand la pression est trop haute. Pat dirait sûrement que j'excelle dans cet art, mais j'ai un tout autre point de vue.

J'ai tellement pensé et retourné de tous les bords ma décision de me séparer, pesé le pour et le contre, même tenté d'enterrer ça et de passer à un autre appel; rien à faire. Ma décision s'imposait d'elle-même et quand est venu le temps d'en faire part à Pat, j'étais calme et posée. Tout le contraire de ma mère, finalement. Ma mère, elle a sauté une fois et le lendemain, elle quittait mon père pour la vie, avec deux enfants dans ses bagages qui n'ont été informé de rien. On repassera pour la préparation mentale, mettons. J'ai (en fait, on a) pris le temps de parler à mes enfants au lieu de les mettre devant le fait accompli. Là encore, je pense avoir bien agi.

Ceci étant dit, on dirait que je cherche à me justifier... Tant pis. C'est comme ça que ça sort.

Je disais donc que mon impression de faire du sur place achevait. C'est demain, mais ça devait être aujourd'hui. Pat m'avait dit qu'il quittait le 14, mais ça sera le 15. Il n'a aucun bagage de fait, rien de prêt. Je me retiens à deux mains pour ne pas sortir les valises et "paqueter" les choses. Ce n'est pas à moi de faire ça. Je m'occuperai des affaires des enfants demain matin. De toute façon, ça ne sera pas une "vraie" semaine : les enfants doivent venir coucher ici mardi et jeudi également. Je patiente encore, moi qui n'ai plus une once de patience en banque. Je puise dans mes réserves et je respire à pleins poumons.

Qu'est-ce que j'ai au menu dès demain en fin de journée? Rien de spécial. Je ne planifie rien, outre les soupers de mardi et jeudi. En fin de semaine prochaine? Aucune idée. Tout ce que je sais, c'est que je vais y aller 5 minutes à la fois, selon l'inspiration du moment, chose que je n'ai pas faite depuis des lustres.

À suivre...


dimanche 1 avril 2012

Pour le meilleur et pour le pire

Que j'ai juré il y aura bientôt 11 ans. J'ai rompu ma promesse en fin de semaine. Je laisse mon mari. Je nous sépare. Je ne demande pas le divorce maintenant parce que je veux être sûre de ma décision avant d'en arriver-là.

Motivation (si on peut dire ça dans le cas présent) : pu capable de ma vie. J'suis rendue fanée, agressive, impatiente, de mauvaise humeur tout le temps. Je m'énerve moi-même et je suis totalement intolérante face à tout. Un spm continuel à longueur de journée depuis trop longtemps déjà.

Le travail à temps plein, la maison à temps plein, les repas à temps, les enfants à temps plein, le mari à temps plein, tout. Les restos en famille me pèsent; même pas capable d'apprécier la cabane à sucre de la semaine passée. Je ne lis même plus (et dans mon cas, c'est grave, j'pense), je ne fais plus de scrapbooking (je vais d'ailleurs procéder à une vente de feu bientôt), plus de couture non plus. Les seuls moments où je me sens bien présentement, c'est quand je ne suis pas à la maison, sans personne autour de moi. Même aller à un rendez-vous chez la massothérapeute me pèse.

Dépression? Non, je ne pense pas. Je fonce la tête première dans mes journées et j'attaque à pleine barge. Je n'ai pas le goût de rester cacher sous mes couvertures; je veux juste m'évader, être ailleurs.

Ce ne sont pas des raisons suffisantes pour se séparer, j'imagine.

Les raisons valables, je les garde pour moi. Je sais que c'est poche comme argumentation, mais c'est comme ça.

Quand j'en ai parlé à ma belle-mère (la conjointe de mon père) et à des amis qui sont au courant de mon "train de vie", ils m'ont tous dits : "Il était temps que tu t'en rendes compte". Pas que mon mari ne m'aime plus, loin de là, je pense. Depuis que j'ai lâché "la bombe" vendredi dernier, il est à ramasser à la petite cuillère et dit tout pour me convaincre de rester. Je ne lui en veut pas; je le comprends. Et moi, est-ce que je l'aime encore? J'imagine que oui mais je suis trop dans le brouillard pour voir clair présentement. Oui parce que, même si je sais que je le bouscule, j'accepte les délais. Impatiente et prompte comme je suis, ce n'est pas vraiment chose facile dans mon cas. Rupture annoncée à 16:00 et départ à 16:15 serait plus mon genre. Je sais qu'il me faut respecter sa peine et sa douleur. Je sais.

Je sais aussi que ça rajoute à son malheur de me voir être "pas fine", pas coopérative pour deux cennes. J'ai tellement le goût de me jeter à terre et de faire une "crise de bacon" en bonne et dûe forme, comme un enfant de 2 ans. Je trouve ça long, pénible et difficile à vivre. Il sent que je lui en veux. Ce n'est tellement pas le cas : je suis juste "à bout des nerfs", calvaire.

Je n'aspire qu'à être seule, tranquille, pas de télé ni de radio, pas de laveuse, de sécheuse ou de lave-vaisselle qui virent. Le silence total. Personne pour me dire que je vais être fatiguée demain si j'écoute la télé un peu tard ou que je m'attarde à lire. Personne pour me dire que le souper que j'ai fait ne contenait pas assez de légumes. Personne pour me dire que la nouvelle affaire que j'ai cuisiné, pour faire changement, c'est à ne plus répéter, s.v.p. Me laisser traîner, me coucher en plein milieu d'un samedi après-midi gris pis scrapper ma nuit, arrêter de capoter sur les tâches ménagères, manger des nachos-maison 2 repas de suite, avec du Coke pis du chocolat sans me sentir guettée.

À me relire, Pat a l'air d'un tyran... Ben non. Ce n'est pas le cas. Pat a l'air de ce que je l'ai laissé devenir pour moi et je suis devenue ce que je l'ai laissé me faire devenir. C'est beau, ça. Qu'est-ce que ça veut dire, donc? Ça veut dire que je suis maintenant quelqu'un que j'ai de la difficulté à supporter, que je ne m'aime plus beaucoup et qui a de la misère à se sentir. Comment voulez-vous que je redonne au suivant quand je suis amanchée de même? Inconcevable.

J'ai essayé. J'ai tout donné en me disant que ça passerait. Ça n'a pas passé et je sais que ça ne passera plus.

J'ai fait la gaffe de changer mon statut de mariée à séparée sur Facebook : ça n'a pas été trop long que les messages ont fusé de partout. Même en précisant bien qu'il s'agissait d'une séparation et non d'un divorce, certaines personnes de ma belle-famille m'ont fait leurs adieux : "Content de t'avoir connu", "j'espère qu'on se croisera à nouveau un jour", "j'ai bien aimé te connaître"! On croirait lire les messages dans un album de finissants de secondaire 5, viarge!? D'autres m'ont si gentiment apporté leur soutien et surtout leur compréhension, sans jugement. C'est dans les épreuves qu'on constate notre importance dans la vie des autres, c'est vrai.

Je ne sais pas à quel point cette épreuve est féroce pour moi encore. Je me sens égoïste au maximum, tellement entêtée, froide et dure. Je ne sais pas trop non plus pourquoi sortir de ma vie de couple est une question de vie ou de mort. Il ne m'a pas trompé, ne m'a pas battue ni rien de tout ça, mais je ne suis plus capable de continuer avec lui.

Je sais que mon action a des répercussions énormes sur mon entourage : outre mes enfants, ma belle-famille écopera aussi. J'ai de la misère à leur imposer (parce que c'est ce que je fais) ma séparation. Je sais que ma belle-soeur épaulera son frère et accueillera mes enfants comme si c'étaient les siens quand l'occasion se présentera. Je sais que ma belle-mère aura le coeur en miettes et qu'elle s'en fera tellement. Est-ce que je suis capable de les épargner? Non, plus maintenant. Il faut que je décroche parce que si j'écoute mon bon sens, je fais marche arrière, je ravale et je meurs à petit feu. C'est aussi simple que ça.

Je ne parle pas de mes enfants parce que si je pense trop à eux, je m'oublie. Je fais abstraction de mon besoin viscéral de me retrouver, d'apprendre à vivre à nouveau par moi-même, avec moi-même. Si je pense à mes enfants, je m'enterre et je reprends ma vie de couple si vie de couple il peut y avoir dans de telles circonstances.

La nature veut qu'on cherche/trouve toujours un coupable pour chaque situation. La nature m'a désignée ce coup-ci : c'est moi qui fout en l'air la vie de 3 personnes et qui ne pense qu'à elle. C'est moi la méchante qui a larguée une bombe qui fait des dommages collatéraux incroyables. Je sais. Il me faudra apprendre à tenter de me pardonner. Un autre dossier qui se rajoute sur la pile.

En tentant d'être forte, je suis sans-coeur pour Pat. Je sais. Il est déjà si amoché que je devrais au moins être gentille. Je ne me sens pas gentille en lui disant que je ne veux plus vivre avec lui alors comment est-ce que je peux faire pour être d'agréable compagnie si le senti n'est pas là? J'essaierai davantage demain. La patience est une vertu que je ne possède plus.

"5 minutes à la fois". C'est devenue ma marotte au fil des ans quand j'en avais plein les bras, plein le cul et plein la tête. C'est efficace et rassurant. Alors, 5 minutes à la fois et je devrais y arriver. Arriver à quoi? Même pas capable de le dire...

samedi 11 février 2012

Pas vraiment de temps...

... pour mettre mon blog à jour;
... pour faire du scrapbooking;
... pour faire des gâteaux;
... pour écouter la télé;
... pour lire tranquillement;
... pour moi, finalement.

Bienvenue en 2012, dans la vie des gens "normaux"...

samedi 10 décembre 2011

Pour le meilleur ou pour le pire?

Depuis que je sais que je retourne travailler, on dirait que la santé "familiale" a pris le bord. Entre ma confirmation d'emploi et mon retour, je m'étais donné une semaine pour mettre la maison "à jour" et cuisiner des p'tits plats d'avance.

Mauvaise idée : j'ai passé la semaine à m'occuper jour et nuit de mon p'tit homme, ravagé par un rhume qui a dégénéré en pneumonie. Après 6 nuits d'enfer, le calme semble revenir tranquillement. Au diable les préparatifs : pas eu le temps et manque chronique d'énergie.

Une journée de répit, jusqu'à ce que ma fille tombe au combat elle aussi. Heureusement, pas de pneumonie mais que de nuits à tousser... Elle s'en sortira amochée elle aussi, cernée jusqu'en dessous des bras.

Je commence donc un nouvel emploi, après plus de 7 années d'absence, la langue à terre et pas tellement "top shape". Je traîne un rhume la première semaine, qui se soldera par une broncho-pneumonie la semaine suivante. Bien plaisant!? Pour moi, il y a quelqu'un quelque part qui a décidé que la nuit pour moi, ce n'était pas fait pour dormir et se reposer mais bien pour tousser et râler...

Au travers de ça, il y a mon 1er party de bureau depuis des lustres, ma fête, la fête de ma fille, le ménage, les courses, le lavage, les repas, des travaux de coutures, le magasinage des cadeaux de Noël... alouette! Je sais que je vais arriver à Noël en même temps que tout le monde, mais dans quel état? Je ne veux pas trop le savoir, on dirait.

À tous les jours, depuis mon retour au travail, je m'interroge : est-ce que le "move" est pour le meilleur ou pour le pire? Seul l'avenir me le dira...

vendredi 18 novembre 2011

Après un peu plus de sept années d'absence...

... Je serai de retour sur le marché du travail à temps plein. Nous nous (parce que c'est une décision de couple) étions donné une année avant que je trouve LA place, mais ça s'est fait en moins de trois semaines. Mettons que c'est pas mal plus rapide que prévu.

Disons que je n'étais pas "super-confiante" au départ. Jugement de valeur face à mon propre choix de vie (abandonner une "carrière" pour rester à la maison avec les enfants) : je ne vaux plus grand'chose sur le marché de l'emploi. La seule opportunité qui se présentait pour moi (dans ma tête), c'était caissière de soir et de fin de semaine chez Wal Mart (oui, oui : c'est péjoratif). Il était clair pour moi que je me retrouvais à avoir perdu mes acquis professionnels (horaire de travail, salaire, vacances, etc.).

Après une solide mise à jour de mon charmant époux à mon endroit face à mes capacités et à ma valeur sur le marché de l'emploi (il doit le savoir, lui, il embauche (donc fait passer des entrevues) du personnel pour sa compagnie...), il me laisse entendre que ma valeur marchande est beaucoup plus élevée que ce que je crois. Pas question que je retourne travailler pour des peanuts, qu'il me dit! Ok. Pas question non plus de me ramasser avec un horaire de travail de 7h le matin à 17h le soir, donc pas à la maison avant 18h! Ok. Tant qu'à faire, ça te prends au moins quatre semaines de vacances payées, s.v.p. et une possibilité d'y rajouter deux semaines de congés sans solde! Ben oui, rien que ça!? On rajoute à ça des jours de maladies, des absences pour tempêtes hivernales, de la possibilité de travailler à partir de la maison, alouette! Totalement exagéré, impossible et inimaginable pour ma petite personne.

C'est certain que la priorité #1, ça reste les enfants. C'est un besoin viscéral d'être présente pour eux. On (en fait, plus moi que lui...) a fait de la routine notre alliée et c'est important que les enfants ne se retrouvent pas "tout croches" à cause que maman retourne travailler.

Donc, avec l'idée en tête que mon cv ne sera pas attirant parce qu'il contient un trou de sept ans sans occuper d'emploi rémunéré (j'ai rajouté une note à cet effet à la toute fin dudit document) - et noter que je n'ai pas dit sept ans à ne rien faire, nuance - je vais fouiner sur les sites d'offres d'emplois sur le net et je fais parvenir mon cv à une couple d'entreprises où je considère avoir les compétences pour occuper le poste offert.

Surprise! Ça ne prends que deux jours avant que je reçoive des appels. Et là, c'est parti. Je vais d'entrevues téléphoniques en entrevues téléphoniques et de rencontres en rencontres. En tout, j'ai dû passer 7 entrevues téléphoniques, qui ont débouchées sur 5 entrevues en personne, qui ont débouchées sur 2 refus de ma part au final (dont ma toute 1ère entrevue) et sur un emploi à l'autre bout.

Au fil de mes démarches d'entrevues (en passant, les entrevues téléphoniques avant de vous convoquer en personne, sur place, ça semble être devenu la norme), mon ego s'épanouissait largement!!! C'est fou comme j'avais de l'assurance! Je devais même probablement paraître au-dessus de mes affaires par moment, je vous l'assure. Effrontée même. En fait, très effrontée. Après ma 1ère entrevue téléphonique, avant même de me faire poser des questions sur mes compétences professionnelles ou encore mes pire/meilleure qualité/défaut, je demandais aux employeurs quel était le salaire offert et l'horaire de travail. Non mais, le temps, c'est de l'argent, non? Aussi bien s'éviter tout de suite d'aller de l'avant dans le processus si on ne m'offre pas ce que je veux, au minimum (je vous l'ai dit que j'étais devenue effrontée), non?

Donc, tout en engraissant mon ego, je tiens juste à mentionner qu'après plus de dix années sans entrevue, j'ai obtenu l'emploi où je me suis présentée lors de ma 1ère entrevue en personne (qui a quand même demandée deux entrevues téléphoniques au préalables, dont une en anglais - tant qu'à se "crinquer" l'ego...). Là où ça ne passe pas, c'est qu'après m'être fait dit que j'obtenais l'emploi, je suis revenue avec mes critères. Ces derniers sont tellement hors norme pour cette compagnie que le monsieur doit aller s'informer auprès de son patron (à qui il ne parle qu'une fois l'an, pour son évaluation salariale et qui se trouve profond aux États-Unis). Retour d'appel après une couple de jours pour me faire dire que ce que je veux, c'est une job à temps partiel (j'ai demandé 37½ heures/semaine) et que je ne trouverai pas ce que je cherche nulle part. Il me prend si je suis prête à augmenter ma disponibilité. Refus de ma part. "Ben, bonne chance d'abord", et il raccroche pas très content.

Je comprends tout-à-fait ce monsieur : sa compagnie en est une de service, qui doit être afficher "disponible" de 7h le matin à 17h le soir. Pas moi. Il le savait lors de l'entrevue et il s'est quand même essayé. C'est correct. Peut-être qu'une personne moins déterminée que moi aurait flanchée. Pas moi.

Bon, passons. Au final, après ce bref processus (même si ça nous a demandé beaucoup de temps, d'énergie et d'organisation), me voilà back on track. Et le plus beau dans tout ça, c'est que c'est selon MES conditions!!! En prime : un travail que je pense être en mesure d'aimer, un environnement de travail plus que "zen" (une dizaine d'employés dans le bureau), un bureau très spatieux et récent, avec fenêtre qui donne sur l'extérieur) et même du temps pour dîner! J'explique : je voulais travailler 37½ heures/semaine, en prenant tout juste un 10-15 minutes (je sais qu'il y a une faute) pour dîner. Ben non! C'est important pour l'employeur que ses employés prennent le temps pour manger!!! On me donne donc ½ heure pour ça et je me retrouve avec un 35 heures/semaine. Écoutez un peu!? Tant qu'à pousser...

Trop beau pour être vrai? Peut-être. Seul l'avenir me le diras. Mais rendu-là, j'ai la chance (grâce à mon mari) de ne pas avoir déniché cet emploi en y étant obligé. Si ça ne "fait" pas à cet endroit, ça fera ailleurs, c'est tout. J'ai bien vu (en fait, je me suis fait montrer par mon mari) qu'il y avait de l'ouverture et surtout de la place pour quelqu'un comme moi (comprendre ici très exigeante et effrontée). Il ne me reste qu'à me parler pour me convaincre que je ne laisse pas tomber mes enfants...


lundi 14 novembre 2011

Des p'tits cupcakes marbrés

Bien réussis! J'ai pris la recette dans un numéro spécial du magazine Moi & Cie. Question de compliqué la chose maintenant que plus rien ne me fait peur (!!!) côté desserts, j'ai eu à utiliser deux poches à glaçage simultanément pour faire mon marbré : technique assimilée!