samedi 17 avril 2010

Tout nue, dans la rue

Est-ce que ça vous arrive de vous sentir comme ça des fois? Ben moi, oui. C'est même présentement le cas. Je sais : j'ai tout et je ne fais pas pitié pour deux cennes. Je sais. Ça ne m'empêche cependant pas de feeler croche. J'me sens comme une extra-terrestre, pas sur la bonne planète (ça va de soi, je sais aussi). J'me sens toute seule dans mon monde (maman à temps plein à la maison), disons que la communication avec mon homme n'est pas facile de ce temps-ci et que j'en arrache avec le comportement de ma fille (ben oui, même si elle n'a que 5 ans). Je consulte hebdomadairement une psychologue pour moi (il paraît que c'est à la mode d'avoir son psy - c'est bien le seul plan sur lequel je suis "in"!?), nous (z'homme et moi) consultons un psy itou pour nous donner des outils avec notre fille, nous (z'homme et moi encore) sommes en "pause thérapie de couple" parce que notre thérapeute est en arrêt de travail. Trop de psy? Peut-être que oui, peut-être que non...
Je n'arrête pas de penser à penser et on dirait que je patauge inutilement. Ben non, je ne suis pas "down" plus qu'il ne le faut. Ben oui, je vais bien quand même. J'ai juste l'impression de travailler après quelqu'un qu'il me faut être et dont je ne suis pas certaine que la sculpture que je fais présentement donnera quelque chose de "potable". Ben oui : je sais qu'on ne change pas nos habitudes et/ou nos comportements sans effort, je le sais. Mais je ne veux pas l'entendre, bon!

mardi 13 avril 2010

Ma visite au Salon International du Livre de Québec

Je m'y suis présentée vendredi dernier avec les enfants et ça ne s'est pas très bien passé. Je vous livre la lettre que j'ai écrite au Salon et que j'ai aussi fait parvenir au quotidien Le Soleil suite à cette expérience. J'ai eu un retour d'appel de la part de la responsable de la scène "jeunesse" du Salon qui ne m'a pas dit grand'chose, finalement. Alors voici de quoi il en retourne (excusez-moi pour la longueur et le manque d'espace entre les paragraphes : je ne suis pas capable de faire mieux avec la mise en page...) :

À qui de droit,
Vendredi matin dernier (le 9 avril 2010), je me présente au Salon International du Livre de Québec avec mes deux enfants de 4 et 5 ans afin d'assister aux "représentations" sur la scène Jeunesse. La 1ère représentation étant à 9:15, nous nous y présentons à 9:05 afin d'avoir des places près de l'avant. Durant les 10 minutes d'attente avant le début, une dame mandatée par le Salon afin de placer les enfants n'arrête pas de nous faire déplacer pour laisser les enfants des garderies s'asseoir. Et bien, nous nous sommes retrouvés derrière la régie sonore, à ne presque rien voir du "spectacle". Pour que mes enfants aient accès à ce qu'il se passait sur la scène, il m'a fallu les monter sur mes genoux, en les soutenants. Je n'ai pas besoin de vous dire qu'ils n'ont pas vu grand'chose... Après la représentation, je vais voir la dame "mandatée" et lui explique que je n'ai pas aimé être tassée au profit des enfants des garderies. Et elle de me répondre : "Madame, vous devez comprendre que nous (Le Salon International du Livre, je présume) priorisons les CPE, garderies et groupes scolaires lors de ces représentations. Les petites mamans comme vous sont peu fréquentes à se présenter au Salon et je me dois de faire de la place pour 6 enfants de CPE d'abord, quitte à tasser les parents et autres enfants". Je la remercie de son information et me dirige sur le champ au "kiosque d'informations" situé à l'entrée, demandant à parler à un responsable et/ou un représentant du Salon.
C'est une dame qui se présente à moi, l'air bien déterminé à régler le "problème". Je lui explique ce qui vient de se passer, lui spécifiant bien que je n'apprécie pas du tout de m'être fait tasser dans un coin avec mes enfants parce qu'ils ne fréquentent pas de garderie ni de CPE du fait que leur maman a choisi de rester à la maison à temps plein avec eux pour les éduquer. Quelle ne fut pas ma surprise de me faire répondre presqu'exactement les mêmes propos que la dame précédente!? "Nous priorisons les groupes scolaires et les garderies/CPE parce que sinon, quels autres enfants se présenteraient au Salon durant le jour", me demande-t-elle. Et bien, les miens et ceux des autres mamans/papas qui sont dans la même situation que moi; ceux que les grands-parents et autres gardent à la maison, etc. La "responsable" du Salon m'a même spécifié que j'étais une sorte de minorité et qu'il me fallait m'y faire.
Je sais que le ratio enfants en CPE/garderie versus enfants à la maison gardés par leurs parents est totalement déséquilibré et que la majorité des enfants fréquentent la garderie ou un CPE, mais est-ce que je dois me priver d'aller au Salon du Livre avec mes propres enfants parce qu'il priorise ces derniers? Non, je ne crois pas. N'aurais-je pas dû être accommodée raisonnablement, en vertu de ma minorité visible, moi une québécoise 100% pure laine?
Soit dit en passant, je conçois très aisément qu'il faille faire de la place, tant au Salon International du Livre de Québec qu'ailleurs, pour les sorties éducatives dans les milieux scolaires et les garderies, mais pas à mon détriment et encore moins à celui de mes enfants.