Je ne le sais pas trop encore. Je me fais demander : "Pis, la vie de célibataire une semaine sur deux, comment ça se passe"? Je ne sais pas trop quoi répondre. Je ne me sens pas du tout comme une célibataire. Ça fait plus de 7 années que je suis maman à temps plein, ménagère, cuisinière, épouse, amie, etc. Ce sont des habits dont il est difficile à se départir, je trouve.
Pour celui de maman, je sais : je le revêt pour le restant de mes jours, à plus ou moins divers niveaux. Je ne veux pas m'en départir mais j'aspire à le remettre à neuf pas mal, disons.
Quant à ceux de ménagère, cuisinière et épouse : ils sont sur la tablette et commencent à s'empoussiérer. Je ne peux pas dire que ça me fâche et que je m'ennuie de ces habits-là pour le moment. Je m'étais dit à mon moi-même que, quand je n'aurais pas les enfants, je ferais le "grand ménage" de la maison. Même pas le goût. Quand j'arrive le soir, après le travail, c'est un plaisir de prendre une longue douche chaude même s'il est juste 16:45. Faire le souper? Pas de stress : quelques légumes, un peu de fromage, un morceau de poulet ou des pâtes; ce n'est pas plus compliqué que ça. Je n'ai plus le goût de faire des repas équilibrés et surtout, élaborés. Écoeurantite aigüe de ça. Pourtant, je pense que je suis quelqu'un qui aime cuisiner. Ça reviendra peut-être un moment donné. Me donner à fond en recevant? Même pas le goût de recevoir alors, on repassera.
L'épouse et l'amie sont sur la tablette également. Pour l'épouse, on sait comment et pourquoi. Pour l'amie, parce que j'ai le goût d'être seule, je pense. Je pourrais aller m'épivarder chez ma marraine, ma cousine, ma mère ou mon père. Ça ne me tente pas non plus. J'ai comme un fond de "vieille fille" rancie en moi présentement, je pense. Je veux être toute seule, lire en pleine nuit si je me réveille avant l'heure, prendre de la bière et/ou une coupe (ou une couple de coupes!) de vin, me coucher frippée à cause de ça pis feeler croche pendant la nuit. Je n'appelle personne vraiment, outre ma maman de temps en temps. Je jase via Facebook ou Skype avec ma marraine et ma cousine et ça me convient parfaitement. Sauvage? Extrêmement.
Ça brasse et ça bouge beaucoup au bureau de ce temps-ci (en fait, pas mal tout le temps) et je crois aller chercher le "bruit" dont je pourrais avoir besoin durant ce temps. Sinon, dès que 16:00 arrive, c'est le calme plat et j'aime ça comme ça.
Aller au cinéma? Non. Club vidéo pour être certaine que si je m'endors sur le film, j'ai juste à faire 15-20 pas avant d'être dans mon lit. Souper au resto avec des potes? Non plus; trop dispendieux et je trouve le temps long. Pourtant, mon budget se sent mal : j'ai dépensé (trop, dit Pat) pour moi. Faut que je remette la somme, que je récupèrerais en vendant des choses de scrapbooking (loisir auquel je ne m'adonne plus - perte de passion, manque de temps). 27 morceaux de vêtements pour 150$ au Village des Valeurs et, oh comble du comble : des "snicks" Puma à 85$ achetés chez Panda (boutique de chaussures pour enfants) au lieu de 129.99$ chez Sports Experts, dans les pointures pour dames. Pures folies!? J'arrête là l'ironie.
Quoi d'autre? J'irai me faire faire des mèches vraiment blondes la semaine prochaine. Ça fait des années que je le demande à ma coiffeuse et qu'elle refuse : "Tu vas être obligée de revenir me voir aux 3 mois et tu n'aimeras pas ça", qu'elle me répète depuis belle lurette. Et bien, dans le cul! Je me les fait faire pareil! J'ai rarement fait de folie pour ma propre personne dans les dernières années. La seule que je me permettait (et qu'il me fallait assumer côté financier), c'est le scrapbooking. Je me déculpabilisais de dépenser pour ça en me disant qu'il me fallait bien me trouver quelque chose à faire pour me changer les idées de la routine de la maison. Sinon, il y a eu la confection de gâteaux décorés avec du fondant. Je n'ai pas eu le temps d'exploiter cet aspect bien longtemps parce que j'ai commencé à travailler en plein essor de ce loisir. Là encore, il m'a fallu assumer pleinement mon désir de m'occuper les doigts parce que ce n'était pas utile à Pat et encore moins bon à manger : de la cochonnerie trop sucrée qu'il ne fallait pas donner à nos enfants. Il aimait mieux les "vrais" gâteaux. Et bien, je me suis lancée et j'ai pas pire réussis. Mais là encore, était-ce pour moi? Pas vraiment parce que mon désir a bifurqué vers le désir de Pat d'avoir de "bons" gâteaux. Au diable la déco. et le fafinage...
Une folie potentielle? Peut-être un tattoo. Ça fait des années que j'y pense. J'ai même dessiné mon modèle et je l'ai peaufiné au fil des ans. L'avis de Pat? Pas sûre que ça passerait au conseil. Encore moins au Ministère des Finances. J'y pense de plus en plus sérieusement et je prends de l'info à grande pelletée. Rendue là, il ne me reste qu'une marche à franchir...
La semaine seule avec mes enfants n'a pas été "hors de l'ordinaire". Au départ, je voulais qu'ils récupèrent de leur semaine avec leur papa parce que je les sentais pas mal fatigués et j'ai trouvé qu'ils avaient les traits tirés. 18:30 (comme avant) tous les soirs, ils étaient au lit. Le souper, les lunchs, les collations, les leçons, la vaisselle et les douches ont pas mal été mon beat de semaine, ce qui ne changea pas de ma routine alors que Pat était à la maison. Des différences? Pas vraiment. J'ai généralement été toute seule, même en couple, à accomplir toutes ces tâches. Il faut cependant que je mentionne (pour la postérité) qu'après avoir annoncé à Pat que je voulais qu'on se sépare, il a pris le taureau par les cornes et s'est forcé pour m'aider au quotidien. L'effet que ça m'a fait? Trop peu, trop tard, malheureusement. Oui, j'avais de l'aide, mais pas pour la bonne raison, selon moi.
Qu'est-ce que ma vie de célibataire m'apporte de plus que ma vie de couple/famille? D'abord et avant tout, du temps. C'est fou ce que ça me fait du bien de me regarder le nombril. Maintenant, je peux aller à un 5 à 7 (même si je n'y vais pas, ça me fait du bien de pouvoir dire que je peux y aller - esprit de contradiction très présent, ici!?) sans avoir à préparer le souper pour la maisonnée avant d'y aller. Je peux aussi me coucher tard (même si je ne le fais pas parce que je suis souvent fatiguée - esprit de contradiction encore ici) parce que je peux rester couchée le lendemain (particulièrement les fins de semaine). Je peux aussi faire un ti-dodo le samedi et/ou le dimanche, en plein après-midi ou retourner me coucher après le petit déj. (ce que je me suis fait un plaisir de faire les deux fois où j'en avais la chance). Me coucher pour un petit roupillon directement en arrivant de travailler, j'ai aussi fait ça!! Partir pour le bureau à 6:30 le matin (oui, oui : c'est vraiment un "nananne" pour moi parce que j'aime commencer tôt), prendre mon café tranquille et prendre mon temps... Prendre mon temps... Arrêter de courir pour tout, pour tout le monde chez nous. Arrêter de penser à tout et tirer la plogue. C'est ça que ça a de différent, ma vie de "célibataire".
Non mais, est-ce que tu penses à ce que tu vas faire de ton couple? Tu peux pas rester "de même" indéfiniment! Je le sais. Je ne peux pas rester "de même", mais crime que ça fait du bien. Réfléchir... réfléchir... Ça fait partie de mes "tâches" de célibataire : j'y pense, j'y repense et si je prenais ma décision demain matin, je ne pense pas avoir trop trop à chercher loin pour savoir. Mais il ne faut pas que je m'arrête au bout de mon nez; il faut que je vois plus loin. Je le sais. Cependant, j'en suis encore incapable. Je me pose et repose les mêmes questions et les réponses n'ont pas changées encore. Une seule modification : je suis maintenant partiellement capable de ne plus trop me sentir sur les dents en présence de Pat. Ça doit être positif, ça.
Parlant de positif, je ne peux passer sous silence le fait que, depuis que je suis retournée travailler, j'ai perdu 20 livres. Fin novembre 2011, j'étais à exactement 172 lbs et maintenant, je suis à 152 lbs. Plusieurs raisons expliquent cette perte de poids, la principale étant que j'ai, par la force des choses, arrêter de manger à tout bout de champs. Mes collègues de travail (qui me voient 5 jours/7) l'ont même remarqué. Pat? Pas que je sache. Je suis plus "petite" que lorsque je me suis retrouvée enceinte de ma fille et je file lentement mais sûrement vers mon objectif de toujours : 145 lbs. En fin de semaine dernière, lors de mon premier samedi de "célibataire", j'ai repris quantité effarante de vêtements dans le but de les rapetisser et de ne pas avoir à refaire ma garde-robe. Mon côté économe s'est fait sentir... Des pantalons, des jupes et des chemises se sont enlignés sous les griffes de ma machine à coudre jusqu'à tard dans la soirée. Contente? Oui. Mais un oui terni un peu : j'aurais aimé ça me faire dire que j'ai maintenant une "shape" pas pire par mon mari. Un reproche? Non. Comment voir quelque chose de beau quand ça fait des années qu'on voit quelque chose de moche? Ça doit prendre du temps pour finir par vraiment voir, j'imagine.
Un dernier point de positif à ma vie de "célibataire" : dans ma semaine "sans les enfants", je me suis remise au vélo. J'ai fait du spinning pendant un an et la seule chose que j'ai détesté, c'est de partir de la maison en début de soirée pour aller pédaler alors que j'aurais préféré enfiler mon pyjama. J'aurais pu participer aux séances de 17 heures, mais j'avais dont le souper à faire et les bains à donner. Maintenant, j'arrive du travail, je me "déguise" en cycliste et je pars. Aucune préoccupation autre que celle de me vider et me défoncer; personne qui "souffre" de mon égoïste besoin d'aller m'évanter les esprits à cette heure-là.
Je terminerai donc ma tirade ici, en mentionnant que je ne sais pas encore quelle couleur aura ma vie la semaine prochaine et encore moins le moins prochain. J'y pense.
