vendredi 11 mai 2012

Je dors tellement


On dirait que je rattrape les 7 dernières années et demies...  Je me couche vers les 19h30, je m'endors à peine 5 minutes après avoir posé la tête sur l'oreiller et je me réveille aux alentours de 4:30-5:00 le lendemain matin.  Environ 9 heures de sommeil par nuit.  C'est plus du double auquel mon corps s'est adapté durant les dernières années.  

Pour vrai, avant (lire ici, avant ma séparation et bien des années antérieures également), lorsque j'avais dormi un bon 4 heures d'affilées, c'était la norme pour moi.  Et cela, entrecoupé de multiples réveils plus ou moins longs.  Je me levais généralement fatiguée et je trainais de la patte.  J'avais un "down" après le souper mais tout un regain vers 20:00.  J'étais rarement au lit avant 22:00-22:30.  Plus maintenant!  C'est certain qu'à dormir comme je le fais, c'est difficile de faire autrement, mais quand même.  Mais même quand je "pouvais" dormir, je ne dormais pas : je pensais à tout ce que je n'avais pas fait, à ce qu'il fallait que je fasse le lendemain et à ce qu'il me restait à faire sous peu.  Le hamster "spinnait" pas mal à temps plein dans la roulette, mettons.

Je serai honnête : les 1ères semaines qui ont suivi ma séparation, je ne dormais pas trop bien.  Même si mes "anciennes" nuits étaient peuplées de ronflements qui n'étaient pas les miens (sic!?), j'avais toujours bien quelqu'un à côté de moi.  Je qualifierais ce "quelqu'un" de sécurité.  En me séparant, j'ai perdu ma "sécurité" et je pense que ça a nuit à mon sommeil.  Je dormais 1-2 heures, je me réveillais 1-2 heures et je lisais.  Je me rendormais, je me re-réveillais, je re-lisais, etc.  Ça a duré un bon 3 semaines, cette affaire-là.

Maintenant, j'ai toujours besoin de lire (et oui, le goût de la lecture est revenu - j'ai 2 bouquins de lus en 4 semaines) avant le dodo.  Je pense que ça m'est aussi vital que de respirer (ok, j'exagère).  Ça me permet de tirer un trait sur ma journée, de faire une coupure nette et de "m'enfermer" dans ma bulle, sans penser à rien d'autre que l'histoire qui se passe sous mes yeux.  Ça me fait un bien immense, je pense.  Ça faisait des années que je n'avais pas éprouvé autant de satisfaction à lire.  Ouais : même si je suis une croqueuse de livres et que je lis à la vitesse de l'éclair, je me rends compte maintenant que j'avais perdu l'essence même du plaisir de la lecture : l'évasion.  Soupir...

Quoi d'autre?  Bah...  Pat et moi avons trouvé ce qui, je pense, est le compromis idéal pour les enfants : un logement pour celui de nous deux qui n'aura pas les enfants pendant la semaine.  L'autre parent sera à la maison, avec les enfants.  Génial!, que disent plusieurs. C'est vrai que c'est génial pour les enfants et que ça permet à l'autre parent de se retrouver seul avec lui-même.   Mais ça me fait un peu "freaker" de me retrouver dans un sous-sol de maison, rénové à 100% il va s'en dire, mais sous-sol quand même.  Et pas sous-sol chez moi : sous-sol chez quelqu'un d'autre.  Je sais que je vais m'y faire et que je vais tenter de rendre l'endroit aussi agréable que possible, mais ce n'est pas évident pour moi.  Je vois ça comme une 2è maison, où il devrait être agréable de se trouver.  Je ne pense pas que ça sera ça...  Plus comme un "passage obligé", une place où on ne veut pas nécessairement être mais où on n'a pas le choix d'être.  Je sais que je m'y ferai, mais je n'aime pas la sensation que j'éprouve présentement face à ça.

Une autre affaire : c'est fou ce que l'annonce de ma séparation cause comme réflexions chez autrui, tout comme comportements également.  Je m'explique : je me suis fait faire un tattoo, j'ai changé la couleur de mes mèches, je me suis procuré quelques vêtements (que j'ai acheté au Village des Valeurs, quand même), j'ai perdu des kilos, j'ai agrandi mon cercles d'amis (et comprendre ici qu'au pluriel, le masculin l'emporte toujours sur le féminin) et j'en passe!  Commentaires généralisés : "C'est parce que tu te prépares à aller à la chasse que tu fais tous ces changements.  Tu retombes à l'adolescence ou quoi?  Ouin, le prochain qui va te ramasser n'a qu'à bien se tenir" et autres du genre.  Mise à jour générale : je ne vais pas et je ne compte pas aller à la chasse d'abord.  Je n'ai jamais été amateur de bars, brasseries, discothèques et autres du genre et ça n'a pas changé.  Seul bémol : il m'arrive d'aller au 5 à 7 du bureau le jeudi où je n'ai pas les enfants et je suis de retour à la maison vers 20:30.  Tout un événement.  Oui!  Tout un événement dans mon cas!  Cette journée-là, je n'ai pas à me soucier de planifier le souper l'avant-veille, de le cuisiner la veille et de le mettre dans des assiettes, prêt à réchauffer pour le soir où je serai absente.  Pas de collations à faire non plus, de douches à superviser, de lavage à plier, d'arguments à trouver pour que ma sortie, en pleine semaine sur l'heure du souper, passe mieux.  Mais surtout, pas de sentiment de culpabilité parce que j'ai manqué à mon devoir.  C'est plate, mais c'est vraiment comme ça que je le ressentais "avant".  Même si j'avais le feu vert, je sentais que ça coûtait et ça, ça me fait remonter la bile dans la gorge.

Dans la lignée de la mise à jour générale, je rajouterais que je ne retombes pas non plus à l'adolescence.  C'est le commentaire que Pat a fait quand je lui ai dit que je m'étais fait tattouer.  V'savez quoi?  Mon tattoo, ça fait des années que j'y pense.  Je me disais : "Quand tu auras perdu (si un jour, tu perds) les kilos que tu veux perdre, tu iras te le faire faire", entre autre.  Je le sais que Pat n'aurait jamais accepté que j'aille me le faire faire : c'est juste pas dans sa "nature".  Payer pour ça?  Jamais dans 100 ans.  Je n'ai pas fait de régime; j'ai maigri "tout seul" et mon tattoo, je l'ai fait faire parce que j'avais le goût pour moi, tout simplement.  Ça, c'est comme la musique d'Offenbach et/ou de Metallica; c'est pas dans sa nature non plus mais moi, j'ai toujours aimé cette musique-là.  Ben viarge, ça faisait à peu près 15 ans que je n'avais pas écouté ces groupes.  Pas 4 jours en ligne, non!  Juste 5-6 tounes dans le piton, ça fait la job pour un p'tit bout.

Je me demande à quel point j'étais rendue professionnelle dans l'art de la concession et je pense que je ne veux pas trop le savoir, dans le fond.  Trop épeurant voire inquiétant, je dirais.

Tous ces "changements" que je fais et qui s'opèrent en moi, je les fais pour moi, mais tellement juste pour moi.  Purement égoïste et entièrement assumée.  Il n'y a aucune intention ni volonté de ma part de combler le poste (et la place) de l'homme que j'ai quitté par un autre.  Pas que je ferme les yeux et que je ne veux rien savoir des hommes.  Non.  Je suis tellement bien seule et j'apprécie tellement les moments que je passe avec moi-même que je ne veux pas vivre autre chose présentement.  Bien honnêtement, je trouverais ça trop compliqué de me retrouver avec un autre homme présentement.  Et je n'ai juste pas le goût alors ça règle le dossier pour le moment.

Je sais, je sais : le sexe dans tout ça?  Le sexe...  Le sexe...  Il était en hibernation dans mon couple depuis des lustres, avec quelques envolées de temps en temps, mais sans plus.  Là encore, j'ai tendance à prendre le blâme.  Je ne veux pas trop m'étendre sur le sujet (jeu de mot poche, ici), mais je me demande sincèrement comment j'aurais pu faire autrement.  La seule avenue que je vois présentement de ce côté (et ce n'est pas un secret pour Pat - je lui en ai parlé), c'est un bon vieux "fuck friend". Les gros mots, les gros mots.  Je ne cherche pas ça non plus.  Il faudrait d'abord que j'ai des "prospects", ce que je n'ai pas et que je n'ai pas non plus l'intention de magasiner.  Personne dans la mire ni dans le colimateur.  Et puis, soyons honnêtes : on a beau être en 2012 et, parait-il que ça soit "normal" d'en avoir, ce n'est pas dans mes "cordes" : j'en n'ai jamais eu et j'aurais de la difficulté avec le principe même de la chose, je crois.  Je n'ai pas le radar ouvert pour quoi que ce soit qui concerne la gente masculine (parce que je n'ai pas l'intention de virer lesbienne, loin de là), mais je serais complètement aveugle de dire que ma séparation n'a rien changé pour l'espèce mâle qui règne autour de moi.  Même s'ils sont tous bien "casés" et qu'aucune lumière rouge d'alerte potentielle ne s'allume, je sais que leur regard a changé : je le sens.  Ou bien je me fais des "accroires", tout simplement, pourquoi pas?  Je ne me vois pas du tout comme une bombe, loin de là.  Mais j'avoue en tout humilité que je me sens bien dans ma peau et que je dégage fort probablement beaucoup plus d'assurance que j'en avais il y a à peine quelques semaines.  Alors, s'il y a quelque chose qui joue dans les changements que j'opère sur et dans ma personne, c'est là que ça se passe selon moi et non dans la couleur de mes cheveux, mon tattoo ou mes vêtements.

Mes amours d'enfants occupent mon coeur de mère amplement et j'aspire leur rendre la maman qu'ils ont perdu il y a trop longtemps déjà, quand je les voulais tellement que j'en voyais plus clair.  Ça aussi, je l'avais oublié.  Je ne me rappelais plus à quel point je les ai voulu et ça m'attriste bien gros de voir comment je les ai tassé au profit de je ne sais même pas quoi.  Le train-train à faire rouler?  Les tâches?  Je ne pense pas : je pense les avoir "embarqué" dans ma "to do list", avec le reste, et c'est tellement pas drôle de prendre conscience de ça.  Je suis passé à côté de la track et j'ai bien l'intention de rembarquer dessus, pour le bénéfice de mes enfants d'abord et du mien ensuite.  

Ça semble facile, quand je me relis.  Drôle aussi.  Oui, un peu des deux.  Mais un peu seulement.  Je ne me ferai pas d'illusion sur ce qui s'en vient peut-être : solitude, misères financières, entre autre.  J'y pense et je le sais.  J'y repense et je ne le sais plus.  Ça serait tellement plus facile de faire marche arrière.  Ma coiffeuse me trouve courageuse.  Je comprends son point de vue, mais je ne le vois pas comme ça.  C'est vrai que pour tout foutre en l'air et repartir sur autre chose, ça doit prendre du courage.  De l'inconscience aussi sûrement.  Inconsciente, moi?  Non, pas dans ce dossier. Je ne sais pas encore où ça me mènera, cette pause.  Je ne sais pas non plus où ça mènera Pat.  Je parle de moi sans fin, mais je ne sais pas où il est rendu, lui, et s'il s'en va à quelque part non plus.  Il faudrait s'en parler, j'imagine.  Je sens qu'il y a des secrets, des zones grises qui ont fait leurs apparitions dans nos vies.  Normal, sûrement.  Ça fait bizarre, c'est certain. Je réfléchis encore et encore et je ne sais pas trop où ça me mènera.  Présentement, je sais juste où je ne veux pas que ça me mène : à ma vie d'avant, et c'est une bonne découverte pour moi, ça.