Voilà, c'est "vraiment" officiel : je suis maintenant rendue une femme entretenue! J'étais maman à la maison à temps plein depuis presque 6 ans et depuis cette semaine, mon statut a changé.
J'ai reçu un appel de mon ex-employeur qui voulait me ré-embaucher. Je vous épargne toutes les conditions établies de part et d'autre, mais sachez que presque toutes (oui, oui : toutes) MES conditions avaient été acceptées. Incroyable, non?
Cet employeur, c'était ma deuxième famille. Plus de 40 heures par semaine (sans y être contrainte et travaillées avec grand plaisir) passées avec des gens avec qui ça "fittait" tellement. Tellement, que le travail était "secondaire" : j'entrais au bureau pour passer la journée avec mes collègues et non pour y travailler.
Bref, tout ça pour dire que j'ai été 6 jours à me torturer mentalement, à tenter de trouver le meilleur des deux mondes pour "caser" mes enfants à la garderie, pour trouver des moyens de ne pas sentir que je les abandonne et que je laisse mon mari dans la misère. J'y retourne, je reste à la maison, j'y retourne, je reste à la maison... C'est la marotte qui m'a trotté dans la tête jour et nuit. Pèse le pour et le contre, fouille sur le site internet des garderies, jase avec mon mari (qui me laisse totalement libre), mes enfants (ma fille veut que j'y retourne et mon garçon veut que je reste à la maison) et ma famille (les opinions sont assez divisés).
Six jours de prouesse mentales pour finalement en arriver à réaliser et à prendre vraiment conscience qu'on s'est construit une qualité de vie hors du commun pour des gens de notre âge. D'accord, je me sens comme une extra-terrestre sur ma propre planète parce qu'on a fait le choix que je reste à la maison pour élever nos enfants et m'occuper entièrement de la maisonnée (oui, oui, comme dans les années 50 avec le souper prêt sur la table quand le mari arrive et toute la patente). Nous n'avons qu'une voiture, nous n'allons pas en voyage dans le sud, nous avons encore une télé avec un écran cathodique et ça ne fait que 2½ ans qu'on a un ordinateur dans la maison. Par contre, on suit la vie à NOTRE rythme, au rythme qu'on veut bien lui donner. Comme tout le monde, on a des contraintes mais outre l'horaire de travail de mon mari (et bientôt l'école de ma fille) et le budget, c'est à peu près tout ce qu'on a comme contrainte. On a tout le temps qu'on veut bien avoir et ça, c'est une denrée rare aujourd'hui, je pense.
Donc, en refusant l'offre d'emploi de mon ex-patron, je suis officiellement une femme entretenue. Pourquoi? Parce que je ne désire pas retourner sur le marché du travail pour une autre compagnie que celle-là, à moins d'y être "obligée" par la vie. Et jusqu'à maintenant, la vie est de notre bord, comme on dit. Je sais pertinemment qu'une offre comme celle que j'ai reçu ne se présentera pas deux fois, mais est-ce que mes enfants auront 4, 5, 6 ans (etc) deux fois dans leurs vies? Non. Seul l'avenir me dira si j'ai eu raison de refuser cet emploi rêvé pour moi, mais j'ose croire que je donne le meilleur (et parfois le pire : ça vient avec) de moi-même à mes enfants et à mon mari en étant constamment présente pour eux. Je suis-là depuis le tout début et même s'il y a eu des moments difficiles, je pense que le meilleur est toujours à venir.
Mon mari est à l'aise avec le fait que sa femme reste à la maison et ne rapporte pas une cenne. Mon mari est à l'aise avec le fait que sa femme ne retournera probablement jamais travailler, même si les enfants sont grands. Mon mari est à l'aise avec le fait que sa femme se pognera probablement le "bacon" de temps en temps et ne sera pas productive une journée de temps en temps.
À écrire ce petit texte, je me rends bien compte que cherche à me justifier à moi-même mon refus de cette offre d'emploi plus-que-parfait et que plusieurs prendraient. C'est donc mal vu de rester à la maison plus longtemps que pendant le congé maternité ou entre deux emplois. Je le sais, je le vis tous les jours. Ce n'est pas bien long avant que le : "Tu vas retourner travailler quand les enfants vont entrer à l'école, j'imagine" fasse son apparition dans une banale conversation. Avant cette semaine, c'était une possibilité, effectivement. Plus maintenant ou jusqu'à ce que la vie m'enlève mon mari, sans doute.
