Il m'appelle en fin de semaine pour me mentionner que sa conjointe est malade et qu'ils ne pourront pas venir nous visiter. "Vous vous reprendrez", lui dis-je. Je m'attendais à ce que la conversation se termine-là, surtout après avoir échangés nos discours habituels. Mais non! Mon père a de la conversation et je peux même dire que je trouve que ça se bouscule à la sortie!? Il me parle surtout de sa santé (qui a toujours été bonne, soit dit en passant) et de son véhicule neuf (qui l'a empêché de dormir la nuit suivant son achat). Je me vois obligée de terminer la conversation à cause de mes enfants qui font des leurs. Par contre, je reste sur une drôle d'impression : j'ai toujours vu & connu mon père comme une personne très calme, posée; quelqu'un qui n'est pas stressé du tout. Tellement, que s'en est enrageant des fois. Comment se fait-il qu'il m'ait tant parlé, tout d'un coup? Mon père serait-il nerveux? Ben non, impossible!
Le soir venu (et les enfants couchés), je rappelle chez mon papa pour prendre des nouvelles de sa conjointe. Elle répond et nous sommes partis pour une longue conversation téléphonique. Il faut dire que, depuis bientôt 30 années, c'est la femme qui partage la vie de mon père et que nous sommes assez proches l'une de l'autre. Donc, parle parle, jase jase, et de fil en aiguille, je lui parle de la conversation que j'ai eue avec papa la veille. Je lui fais part des impressions sur lesquelles je suis restées. Quelle ne fut pas ma grande surprise d'apprendre que mon père est une personne nerveuse, stressée et qu'il "panique" à l'occasion!? Mes impressions se sont donc avérées véridiques... J'ai un bon radar, faut croire...
Ce n'est pas grand'chose que mon père soit de tempérament nerveux & stressé (je précise ici : sa nervosité, il la garde à l'intérieur); c'est le lot de beaucoup de gens et ce n'est rien d'exceptionnel en soi. Cependant, pour moi, c'est tout un choc!? Je pensais avoir bien sizé mon papa, avec ses défauts de "pas pressé" enrageants... Ben non! J'en reviens pas encore, deux jours après avoir "encaissé la nouvelle". Je me raisonne bien, soyez sans crainte. Il me faut juste me faire à l'idée que je ne connaissais pas aussi bien mon père que je le croyais... Mais n'est-ce pas-là le lot de toutes les personnes qu'on connaît?
